Qui n’a pas, un jour, rêvé d’installer une animation aquatique dans son jardin pour y amener un peu de fraîcheur, de quiétude ? De tout temps l’eau fait partie intégrante des plus beaux
jardins.
Dans un bruit d’eau ruisselant en cascade entre les pierres moussues, un bassin peut accueillir une grande diversité de plantes aquatiques originales et aux allures exotiques. Ce sont autant de
formes, de couleurs, de floraisons qui se succèdent du printemps à l’automne.

La présence d’eau dans un jardin attire nombre de petits
animaux et insectes. Les demoiselles volent gracieusement entre les fleurs, les oiseaux s’ébrouent dans la moindre flaque et le ballet insaisissable des libellules crée une animation joyeuse.
Grenouilles rousses et reinettes vertes font résonner l’air de leurs croassements sans pour autant troubler une myriade d’insectes aquatiques.
La réalisation peut sembler compliquée au premier abord, mais il n’en est rien. Il suffit de respecter quelques conseils de base et d’avoir suffisament de précision lors du terrassement.
L’emplacement idéal est situé près de la maison avec un minimum d’ensoleillement quotidien.
A éviter : une terre trop humide, signe d’une nappe phréatique proche du sol ou d’une source et la proximité de bambous et d’arbres à feuilles caduques ou persistantes.
Que ce soit un bassin préformé pour des volumes de quelques centaines de litres, permettant d’accueillir des plantes et quelques poissons rouges ou un bassin en membrane (EPDM) de quelques mètres
cube, agrémenté d’une cascade, chaque jardin peut accueillir sa note aquatique.
Pour une parfaite intégration, il faut faire attention lors du terrassement à mettre les berges parfaitement de niveau. Des paliers comportant des zones marécageuses feront une transition
végétale avec le reste du jardin, tandis qu’un caillebotis prolongera la terrasse ou qu’une bordure minérale jouxtera une rocaille donnant naissance à une source.
Un bassin profond optimise le rapport surface/volume et reste plus stable tout au long des différentes saisons. Plus le volume est important, plus l’équilibre biologique est facile à obtenir. Une
zone de un mètre de profondeur est recommandée pour les poissons rouges. Les carpes Koï qui atteignent des dimensions beaucoup plus imposantes (60 – 80 cm) nécessitent un minimum de 1,5 à 1,8 m
de profondeur. Les dimensions et la répartition des paliers intermédiaires sont à déterminer en fonction des plantations à réaliser.
Il est possible de créer des parois assez abruptes et de placer la quasi totalité des végétaux aquatiques (exceptés nénuphars et lotus) dans un bassin annexe servant de filtre biologique.
On parle dans ce cas de lagune plantée. Le seul palier obligatoire reste le palier de finition qui permettra de cacher l’aspect artificiel de la membrane (photos de la page précédente).

Les mois de mai à juillet sont propices aux plantations aquatiques. A l’inverse des vivaces terrestres qui se plantent en période de repos végétatif, les vivaces aquatiques se divisent et se
mettent en place en pleine végétation, leur reprise n’en étant que facilitée.
Les plantes de bassin peuvent être divisées en plusieurs catégories :
- Les plantes de zone humide où l’on retrouvera des espèces communes dans les plates-bandes de fraîcheur : Arum, Carex, Fougères, Gunnera, Hosta, Houttuynia, Iris, Myosotis, Primevères…
- Les innombrables plantes de zone de marais offrent une grande diversité de feuillage, de couleur et de taille. On retrouve des espèces typiquement aquatiques : Aponogeton, Calla palustris,
Carex, Cyperus, Prêles, Iris (pseudacorus et sa forme panachée, iris versicolor), Menthe, Myriophyllum, Pontederia cordata, Sagittaires, Thalia
deabalta, Typha minima…
Les racines des plantes trouveront en permanence l’eau nécessaire à leur croissance sans difficulté, avec pour résultat, un magnifique feuillage et une superbe floraison. Une bonne terre de
jardin sera suffisante pour leur croissance. Il faut éviter l’apport d’un substrat trop riche qui favoriserait la venue d’algues dans le bassin. Le substrat immergé sera recouvert d’une couche de
2 cm de pouzzolane pour éviter que la terre ne trouble l’eau. Il est conseillé d’effectuer les plantations avant la mise en eau de cette zone.
Les tiges immergées des plantes aquatiques servent de refuge aux alevins et permettent également à certaines
espèces d’insectes de se poser ou de pondre dans l’eau (libellules, demoiselles...). Ce sont des végétaux à forte croissance qui peuvent aussi se planter dans des paniers plastiques ou des
paniers en coco (plus discrets) d’assez grande dimension (10 à 20 litres). La plantation en panier permet d’éviter l’envahissement des plantes vigoureuses, telles que les massettes, roseaux,
scirpes…
Les nymphéas horticoles, de par leur cycle végétatif rapide et leur floraison estivale, sont les plantes royales d’un bassin. Ils agrémentent tout l’été la surface de l’eau de fleurs vivement
colorées se détachant sur le vert profond des feuilles.
Les fleurs ne durent jamais plus de 4 ou 5 jours, mais elles se renouvellent sans cesse. Il faut les disposer à une profondeur variant entre 10 et 15 cm d’eau au-dessus du rhizome (pour les
variétés naines) à 80 voire 120 cm pour les plus vigoureuses.
Les lotus (Nelumbo nucifera) ont les mêmes exigences que les nymphéas. Ils doivent être placés dans une zone très ensoleillée du bassin à une profondeur d’environ 50 cm, pour éviter le risque de
gel en hiver. Les lotus se déclinent en différents coloris allant du blanc au rose, en passant par le jaune.
La création d’une pièce d’eau permet d’accueillir de nouvelles espèces animales et végétales dans le jardin. Un spectacle constamment renouvelé saison après saison, année après année…
Un espace qui ne nécessite que très peu d’entretien comparativement à une rocaille ou un massif de vivaces. Il peut être agrémenté d’une fontaine, d’une cascade ou d’un petit ruisseau. Une fois
le bassin rempli, il sera juste nécessaire d’ajuster le niveau d’eau en fonction de l’évaporation.
Une réalisation qui enchantera toute la famille, à la portée de tout jardinier bricoleur… à vos pelles !